Tout comme au Québec, je vis à Lund au rythme de ce qu’on pourrait appeler un quotidien étudiant. Je dois (parfois) me lever le matin pour aller à mes cours, la bibliothèque me sert de refuge quand ma maison et ses 5 autres habitants offrent un environnement trop plein de distraction pour l’étude, je passe des après-midis complets à procrastiner devant mon ordinateur, je déjeune deux fois par jour et je sors dans des bars étudiants pour y boire de la bière à bon marché.
Cependant, certaines des activités auxquelles je m’adonne parfois ici diffèrent beaucoup de mes passe-temps habituels. Parmi celles-ci je nommerai les saunas et les réunions culinaires de groupe, mais j’ai surtout découvert un réel plaisir pour la danse. Pas de blague. Je sais que ce n’est généralement pas très commun ou particulièrement
trendy de se réunir pour aller faire le party au club de danse sociale du coin, mais un de mes amis suédois nous a entraînés dans des endroits vraiment
cool.
Monday Night Swing at Mejeriet. Le tout débute par une leçon de groupe gratuite où l’on apprend les pas de base et quelques figures pas trop complexes, question de pouvoir faire comme si on s’y connaissait une fois sur le plancher. Premier choc, les profs n’ont pas plus de 30 ans; lui a le crane rasé et des boucles d’oreille, elle porte des pantalons
baggy et des
running shoes. Il est préférable de laisser la timidité à la maison puisque l’on change de partenaire toute les cinq minutes. Je me suis donc retrouvée dans des bras de danseurs bien différents : grands, petits, jeunes, plissés, moites, tendus, trop relax, et même quelque fois à la merci de dames expérimentées qui ont gentiment voulu combler le manque de messieurs présents.
Après environ une heure de "
Oh sorry, my fault ", de "
What was the next step again? " et de "
Have you been swing dancing for a long time?", un jazzband fait son apparition sur la scène et le plancher de danse se retrouve complètement bondés de couples en tout genre. Deuxième choc, je suis vraiment impressionnée par les
moves des gens. Trop concentrée à me répéter mentalement "
quick, quick, sloooow, sloooow ", je ne pense même pas à chanter "
hit the road Jack " tout en dansant.
Dancing Bugg in HelsingborgDevant l’enthousiasme suscité par notre soirée à Mejeriet, Christopher nous a organisé une sortie officielle à son école de danse. On y a rejoint sa sœur, 3 de ses amis et notre professeur privé avec qui on a appris le «
Bugg », un genre de rock/swing suédois, pendant deux heures. Troisième choc, la danse est définitivement un sport intensif et exigeant! C’est vraiment motivant quand on passe – très rapidement – le stade de « médiocre » et qu’on se rend compte qu’on arrive même à improviser en ayant l’air de savoir ce que l’on fait. En fait, en principe, ces messieurs improvisent et puis ces dames tentent de suivre. En bout de ligne, on a encore une fois rencontrés des gens géniaux et tout le monde, gars comme fille, a vraiment apprécié l’expérience.
Tout ça pour dire que je compte bien investiguer à mon retour à Montréal question de savoir s’il se donne des cours ou des périodes de danse libre de swing quelque part. Restera alors à me trouver un partenaire!